
Quand on est submergé(e) par les émotions, méditer peut sembler impossible.
Le cœur bat trop vite, la respiration est courte, les pensées tournent en boucle, le corps se crispe…
Bref, on se sent envahi(e) et la méditation paraît totalement inaccessible.
Pourtant, c’est justement dans ces moments-là qu’elle devient la plus utile.
Et bonne nouvelle : il existe une manière d’aborder la méditation qui respecte votre état, sans pression, performance, et sans vous demander de “rester zen” quand tout bouillonne à l’intérieur.
Se forcer à méditer assis(e), immobile, en silence… alors qu’on traverse un tsunami intérieur, c’est souvent contre-productif.
Quand les émotions sont trop fortes :
la posture devient inconfortable,
les pensées s’emballent encore plus,
la respiration se bloque,
le mental panique.
La clé, ce n’est pas de “faire une belle méditation”.
La clé, c’est de revenir vers soi sans se brusquer.
La méditation n’exige pas la paix.
Elle accueille ce qui est.
Vous pouvez très bien méditer en vous disant :
“Là, je suis dépassé(e),
ça déborde,
je ressens trop de choses.”
C’est ce regard-là — simple, honnête, sans jugement — qui commence à apaiser l’émotion.
Le but n’est pas de supprimer ce que vous ressentez.
Juste d’être avec, un instant.
Quand on est submergé(e), on vit dans la tête :
on interprète, dramatise et on rejoue des scénarios.
Votre corps, lui, vit dans le présent.
C’est lui qui peut vous aider à revenir, doucement.
Voici un exercice très simple :
Posez vos mains sur votre ventre ou votre poitrine.
Sentez la respiration telle qu’elle est (même si elle est chaotique).
Observez un point stable du corps :
les pieds au sol,
les mains,
la chaleur de votre paume.
Pas besoin de respirer “calmement”.
Pas besoin de vous détendre.
Juste sentir.
Le corps rassure, même si rien ne s’apaise immédiatement.
Quand ça déborde, on serre, bloque et résiste.
C’est normal.
Mais parfois, la seule chose dont l’émotion a besoin…
c’est qu’on arrête de la retenir.
Vous pouvez essayer ça :
notez mentalement ce que vous ressentez : “colère”, “peur”, “tristesse”, “pression”…
laissez l’émotion bouger dans le corps, comme une vague,
accompagnez-la avec une respiration un peu plus longue,
rappellez-vous : ça va passer.
Vous n’êtes pas l’émotion.
Vous êtes celui/celle qui la traverse.
Quand rester immobile est impossible :
marchez lentement dans une pièce,
bougez les épaules,
étirez les bras,
respirez en bougeant.
Le mouvement aide à libérer l’intensité.
Il permet au corps de décharger ce qu’il retient.
Certaines personnes méditent mieux en marchant lorsqu’elles sont débordées — et c’est parfaitement ok.
Méditer quand on est submergé(e) émotionnellement, ce n’est pas rester immobile et calme.
C’est se rejoindre, tel(le) qu’on est, avec douceur.
C’est accueillir, sentir, accompagner, respirer un peu…
Et découvrir que même au cœur de la tempête, il existe un espace en soi qui ne disparaît jamais.
Vous n’avez pas à être “fort(e)” ou “zen”.
Juste présent(e).
Et c’est déjà énorme.